Quoi de neuf en oncodermatologie ?

Par Par le Pr Caroline Robert, Le Kremlin-Bicêtre - le samedi 15 décembre 2018

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Pr Caroline Robert, Le Kremlin-BicêtreMélanome

Rôle prédictif du genre, de l’âge et de l’indice de masse corporelle dans la réponse aux traitements du mélanome

Plusieurs études rétrospectives font état de bénéfice supérieur dans certaines catégories de patients en fonction du genre, du poids et de l’âge. Ainsi apprend-on que les réponses thérapeutiques aux immunothérapies pour mélanome métastatique sont meilleures chez les hommes (par rapport aux femmes), les sujets âgés (par rapport aux plus jeunes) et les sujets masculins en surpoids (par rapport aux hommes de poids normal).   

Conforti F, Pala L, Bagnardi V, De Pas T, Martinetti M, Viale G, et al. Cancer immunotherapy efficacy and patientssex: a systematic review and meta-analysis. Lancet Oncol 2018;19:73746.

McQuade JL, Daniel CR, Hess KR, Davies MA. Sex as a predictor of response to cancer immunotherapy. Lancet Oncol 2018;19:e376.

Kugel CH, Douglass SM, Webster MR, Kaur A, Liu Q, Yin X, et al. Age Correlates with Response to Anti-PD1, Reflecting Age-Related Differences in Intratumoral Effector and Regulatory T-Cell Populations. Clin Cancer Res 2018.

Une nouvelle combinaison de thérapie ciblée dans le mélanome métastatique

La combinaison anti-BRAF + anti-MEK encorafénib/binimétinib se montre bien supérieure au vémurafénib pour la survie médiane (33,6 moisvs16,9 mois). C'est la survie médiane la plus longue obtenue àce jour avec une combinaison anti-BRAF + anti-MEK. Par ailleurs son profil de toxicitéest Semble plutôt favorable par rapport aux thérapies existantes. 

Dummer R, Ascierto PA, Gogas HJ, Arance A, Mandala M, Liszkay G, et al. Encorafenib plus binimetinib versus vemurafenib or encorafenib in patients with BRAF-mutant melanoma (COLUMBUS): a multicentre, open-label, randomised phase 3 trial. Lancet Oncol 2018;19:60315.

 L'association de ipilimumab + nivolumab en immunothérapie 

Avec 4 ans de suivi médian, cette combinaison est toujours le traitement le plus efficace, mais sans grande différence avec le nivolumab seul et sa toxicitéplus élevée. Pour la réduire, l'association des anti-PD-1 avec une dose réduite d’ipilimumab (1 mg/kg) semble avoir une efficacitéidentique pour une toxicitéinférieure. (Lebbe et al ESMO 2018)

Hodi FS, Chiarion-Sileni V, Gonzalez R, Grob J-J, Rutkowski P, Cowey CL, et al. Nivolumab plus ipilimumab or nivolumab alone versus ipilimumab alone in advanced melanoma (CheckMate 067): 4-year outcomes of a multicentre, randomised, phase 3 trial. Lancet Oncol 2018.

Plusieurs traitements adjuvants 

Pour les mélanomes avec mutation de BRAF, la combinaison ciblée dabrafénib + tramétinib confirme son bénéfice avec une diminution du risque de récidive de 51 % vs placebo. 

L’anticorps anti-PD-1 pembrolizumab diminue significativement le risque de rechute de 43 % vs placebo. 

Hauschild A, Dummer R, Schadendorf D, Santinami M, Atkinson V, MandalàM, et al. Longer Follow-Up Confirms Relapse-Free Survival Benefit With Adjuvant Dabrafenib Plus Trametinib in Patients With Resected BRAF V600-Mutant Stage III Melanoma. J Clin Oncol 2018;JCO1801219.

Eggermont AMM, Blank CU, Mandala M, Long GV, Atkinson V, Dalle S, et al. Adjuvant Pembrolizumab versus Placebo in Resected Stage III Melanoma. N Engl J Med 2018;378:1789801.

Carcinomes épidermoïdes 

L’incidence des carcinomes épidermoïdes continue d’augmenter. Quand ils deviennent métastatiques ou inopérables, nous sommes bien démunis pour les traiter, ce d’autant qu’il s’agit souvent de patients âgés et donc fragiles. Un nouvel anticorps anti-PD1, le cemiplimab, a ététestéchez des patients atteints de carcinomes épidermoïdes avancés inopérables ou métastatiques et a démontrédes taux de réponse d‘environ 50% avec des réponses de longue durée et une très bonne tolérance. Ces résultats spectaculaires n’ont pas eu besoin d’être confirmés par des études comparatives de phase III pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché.

Sidaway P. Cemiplimab effective in cutaneous SCC. Nat Rev Clin Oncol. août 2018;15(8):472. 

Migden MR, Rischin D, Schmults CD, Guminski A, Hauschild A, Lewis KD, et al. PD-1 Blockade with Cemiplimab in Advanced Cutaneous Squamous-Cell Carcinoma. N Engl J Med. 26 2018;379(4):34151. 

Toxicité des immunothérapies

Les inhibiteurs de CTLA-4 et de PD-1 ou PD-L1 ont des effets iatrogéniques rares mais potentiellement très graves, voire mortels : atteintes hépatiques, myocardites, anémies hémolytiques, encéphalites.

Tajiri K, AonumaK, Sekine I. Immune checkpoint inhibitor-related myocarditis. Jpn J Clin Oncol 2018;48:712.

Tanios GE, Doley PB, Munker R. Autoimmune Hemolytic Anemia Associated with the Use of Immune Checkpoint Inhibitors for Cancer: 68 cases from the FDA Database and Review. Eur J Haematol 2018.

Leitinger M, Varosanec MV, Pikija S, Wass RE, Bandke D, Weis S, et al. Fatal Necrotizing Encephalopathy after Treatment with Nivolumab for Squamous Non-Small Cell Lung Cancer: Case Report and Review of the Literature. Front Immunol 2018;9:108.

Conclusion : 

Avec les très nombreuses publications de haut niveau concernant les biomarqueurs impliqués dans la réponse aux immunothérapies dans le contexte du mélanome, une nouvelle thérapie ciblée combinée pour les mélanomes avec mutations de BRAF et de nouveaux traitement pour les carcinomes de Merkel et carcinomes épidermoïdes, l’oncodermatologie reste pionnière en cancérologie en 2018. 

 

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